Entretien avec Henry Wazne, ADG de la SOFIBANQUE, pour le Guide Economique de la RDC de la Chambre de Commerce américaine

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1/ Pouvez-vous nous retracer l’histoire de la SOFIBANQUE ? Comment êtes-vous positionnés aujourd’hui dans le secteur bancaire congolais ? Et Comment vous distinguez-vous par rapport aux grandes banques de la place ?
C’est au début de l’année 2010 que la SOFIBANQUE a été créée tout d’abord à Kinshasa. Bien qu’alors nouveaux sur le marché bancaire, nous comptions déjà parmi nos atouts, la longue expérience des fondateurs de la SOFIBANQUE dans le domaine de la finance en RDC. En dix ans d’activité, La démarche novatrice et progressiste de la SOFIBANQUE, l’a hissée au rang d’acteur de premier plan et de partenaire de choix dans l’espace bancaire congolais. En effet, en 2017 la SOFIBANQUE a confirmé sa place en tant que l’une des banques les plus compétitives et rentables du pays, avec un taux de rentabilité de plus de 20% (Rapport de la Banque Centrale du Congo).  Ce qui nous distingue des autres banques, c’est la recherche perpétuelle de la satisfaction du client.  Tout agent de la SOFIBANQUE, équipe dirigeante comprise, se montre totalement disponible  et à l’écoute vis-à-vis de la clientèle, afin de toujours mieux répondre à ses attentes.

2/ Comment travaillez-vous avec vos équipes afin de moderniser et d’améliorer au mieux la qualité de vos services pour répondre aux exigences de votre clientèle congolaise ?
Nous organisons régulièrement des réunions avec les responsables de départements afin de mettre en place de nouvelles stratégies marketing et commerciales adéquates, toujours à  la pointe des nouvelles technologies  pour être au plus proche de notre clientèle congolaise et étrangère, ainsi que de leurs besoins.  Nous travaillons également avec différents  partenaires comme les entreprises de télécom et certaines entreprises locales, pour le développement des systèmes financiers inclusifs responsables et accessibles à tous. A titre d’exemple, nous sommes la première banque en RDC à offrir une avance sur salaire en monnaie électronique, afin que les nouvelles technologies, et notamment le mobile money, favorisent l’accès aux services financiers.

3/ Comment jugez-vous et accompagnez-vous les réformes entreprises par les Autorités et notamment la Banque Centrale du Congo afin de réguler, contrôler et assainir le secteur bancaire congolais ? (certification US Patriot Act)
Nous saluons les réformes entreprises par la Banque Centrale du Congo, notamment celles relatives à la mise en place de RTGS (le système de traitement automatisé des transferts), ainsi que  l’actualisation des textes réglementaires ci-dessous:
Instruction 17 aux Etablissements de Crédit, relative aux règles prudentielles en matière de contrôle interne, modification n°2, Instruction n°18 aux Etablissements de Crédit relative aux conditions d’agrément des Etablissements de Crédit  et de leurs dirigeants, ainsi que de leurs situations statutaires, modification n°1 Instruction n°19 relative aux Commissariat aux comptes des Etablissements de Crédit et des Institutions de Micro finance, modification n°1, Instruction n°21 relative au Gouvernement d’entreprise dans les Etablissements de Crédit, modification n°1, Instruction n°22 aux Etablissements de Crédit relative à la gestion des risques, modification n°1.
Ces nouvelles instructions permettent au secteur bancaire congolais de disposer des nouveaux outils lui permettant non seulement de renforcer sensiblement son fonctionnement mais aussi sa capacité de gestion et de contrôle, car ces modifications ont selon nous, porté sur leurs mises en conformité aux standards internationaux et aux bonnes pratiques. Nous soulignons notamment le renforcement des dispositifs de contrôle et de conformité entre autres, par l’obligation de la mise en place des comités de contrôle interne, d’éthique et de conformité, etc., le renforcement des organes de gestion et de contrôle, les nouvelles conditions spécifiques d’agrément des dirigeants des Banques, ainsi que le renforcement des dispositifs de gestion des risques.
En ce qui concerne la SOFIBANQUE, un comité de suivi de mise en œuvre de ces instructions a été institué par le Comité de Gestion afin d’être en conformité face à ces exigences avant Mai 2020. (Certification US Patriot Act)
Dans le sillage des attentats du 11 septembre, le président Bush a signé la loi USA PATRIOT le 26 octobre 2001. Cette loi ambitieuse prévoit une expansion importante de la conformité aux lois anti-blanchiment des États-Unis, ainsi que des obligations de conformité antiterroriste pour toutes les institutions financières.
Conformément à la loi USA PATRIOT ACT et aux règles finales édictées par le Département du Trésor des États-Unis, les institutions financières opérant aux États-Unis sont tenues d’obtenir certaines informations de toute “banque étrangère” qui entretient un compte correspondant avec les États-Unis.  Ces informations sont recueillies au moyen d’un processus de certification.
Pour se conformer à ces obligations, la SOFIBANQUE SA a rempli, en date du 24 Octobre 2016, la Certification pour  ses relations bancaires avec les institutions financières basées aux Etats-Unis en particulier et pour les autres institutions étrangères en général. Cette certification a été mise à jour en Octobre 2019, conformément à cette règlementation.

4/ En mars 2019, l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA) a octroyé les premiers agréments aux sociétés privées d’assurance, pouvant désormais exercer librement en RDC. La Société Financière d’Assurance du Congo (SFA), bénéficiant du même actionnariat que la SOFIBANQUE, a eu le privilège de recevoir cet agrément. Quels sont les critères tant techniques que stratégiques que vous avez mis en auprès de l’ARCA pour obtenir cet agrément ? Comment se porte la SFA ?
Les administrateurs de la Société Financière d’Assurance Congo (SFA CONGO SA/CA), en vue d’obtenir son agrément en tant que  société d’assurance auprès de l’ARCA,  a mis en place un plan d’action conforme  aux normes prévues par les nouvelles législations, les politiques et les directives applicables  en  matière d’assurance  et tout particulièrement:
• La Loi n°005/15 du 17 mars 2015 portant Code des Assurances; et,
• Le Règlement R 001/17 – Agrément d’une Entreprise d’Assurance ou de Réassurance de Droit Congolais.

Le projet d’entreprise de la SFA avait essentiellement  pour objectif:
– de  se positionner sur le continent du fait de son positionnement stratégique (au cœur de l’Afrique) et du potentiel la RDC;
– l’acquisition d’une position dominante sur le marché d’assurance non-vie dès la 1ère année et la consolider;

En proposant  une gamme de produits très variés qui correspond parfaitement aux besoins en produits d’assurance (IARD) des citoyens Congolais.
Afin de pouvoir présenter un dossier complet circonstancié auprès de l’autorité de régulation, la SFA n’a pas hésité à s’entourer de professionnels de tout  premier plan pour la soutenir: le Cabinet d’audit financier et de conseil  EY (Ernst & Young et associés), le courtier international NASCO, Qed Actuaries & Consultants Ltd ( entreprise présente dans 17 pays africains et proposant des conseils dans le secteur de l’actuariat), le réassureur SCOR ( 4ième réassureur mondial) de même que des profils de dirigeants expérimentés et experts dans le domaine, et des outils de gestion à même d’assurer un service rapide et fiable.
Après près d’une année de fonctionnement, les objectifs que la SFA s’était assignée dans son business plan, sont en passe d’être réalisés, elle se positionne sans contexte comme leader de l’assurance (produits IARD).

5/ Comment voyez-vous l’évolution du paysage bancaire et assurances en Afrique ? Et quels sont les défis que vous souhaitez relever en RDC ?
Concernant le secteur bancaire, les pays africains ont certes des points communs bien connus (faible bancarisation, surliquidité des institutions financières…), il est difficile de parler DU paysage bancaire africain, car il existe en réalité une forte hétérogénéité des situations. Parlons-nous du continent ou de l’Afrique subsaharienne? Si l’on parle du continent dans son ensemble, il faut d’abord souligner que le paysage bancaire continental, est fragmenté et dominé par quelques très gros marchés domestiques : l’Afrique du Sud, le Maghreb, l’Egypte et le Nigéria. Ainsi l’évolution du paysage bancaire en Afrique passerait sans nul doute, par une  présence plus marquée de banques venant pout la plupart, de ces pays. Beaucoup d’entre elles ont déjà commencé leur intégration sur le continent. Pour faire face à cette concurrence, les banques locales comme la SOFIBANQUE devront chercher à pénétrer de nouveaux segments de marché et à toucher des cibles jusque-là exclues du système bancaire, déployer des services innovants, à prix réduits, mieux adaptés aux populations. 
Concernant le secteur des assurances, l’Afrique suscite un intérêt grandissant des acteurs exerçant dans le domaine, tant le potentiel est énorme. Mais en réalité, ces sociétés rencontrent beaucoup de difficultés.
Tout d’abord, la faiblesse des revenus moyens des particuliers. En effet avant de payer des cotisations d’assurance,  beaucoup de foyers ont d’abord le souci de subvenir à leurs besoins les plus essentiels, comme se loger, se nourrir… des priorités qui relèguent l’assurance dans la catégorie des dépenses  superflues et donnent à beaucoup l’impression que les assurances obligatoires sont des taxes supplémentaires. L’évolution du secteur des assurances en Afrique passera essentiellement par le changement de la perception du métier par les populations et la confiance que les assureurs devront susciter.
Le principal défi que nous souhaitons relever en RD-Congo,  est d’augmenter l’utilisation des outils financiers par la population. Pour ce faire, la digitalisation et l’agency banking apparaissent comme un atout majeur. En effet, il existe un potentiel inexploité si l’on considère que 35 millions d’habitants en République Démocratique du Congo utilisent un téléphone mobile. Le taux de souscription active aux services internet mobile est par exemple passé de 37,3% au 4ème trimestre 2017 à 39,5% au 1er trimestre 2018, tandis que celui des services mobiles money est passé de 25,5% à 28,3% sur la même période. Au regard des 65% de la population vivant en milieu rural, l’Agency Banking (qui consiste à sous-traiter certaines activités bancaires à des agents tiers) contribuerait à améliorer l’inclusion financière du pays.
Dans le domaine des assurances, nous souhaitons adapter nos offres et outils de distribution, aux besoins et aux capacités contributives des congolais.